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A Brémontier-Merval, les Normandes s’adaptent au fil du temps et de la pousse de l’herbe !

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Cette semaine, c’est au tour du lycée de Brémontier-Merval de nous expliquer ses pratiques de pâturage mises en place pour les bovins et dans quelles conditions la mise à l’herbe 2020 a eu lieu.

Semaine 15

Située dans le Pays de Bray, l’exploitation du lycée agricole de Brémontier-Merval s’étend sur une surface de 117 hectares. Elle emploie 7,5 salariés qui travaillent quotidiennement sur les activités de transformation de lait et de pommes. La ferme est connue pour ses produits locaux, vendus sous le sigle de l’agriculture biologique (Neufchâtel fermier AOP, jus, cidre, pommeau et Calvados). 

"En pâturage tournant, il faut être rigoureux !"

La ferme a opté pour le pâturage tournant afin de valoriser au mieux les surfaces en herbe. La stratégie est de rechercher une productivité de l’herbe élevée, celle des animaux est plus secondaire. En effet, le nombre de vaches n’est pas un souci, puisque c’est la surface en herbe qui est le facteur limitant. Les éleveurs recherchent l’intensivité sur la valorisation de l’herbe, ce qui peut conduire à une production laitière par animal plus faible. Les vaches reçoivent entre 100 et 150 kg de concentrés par an et par animal. L’objectif est de produire un maximum de lait par hectare sans concentrés ni achats extérieurs, donc les exploitants se doivent d’être rigoureux dans la gestion du pâturage. Cela fait 3 ans que les vaches pâturent de cette manière et la productivité à l’hectare est meilleure. Dans un contexte où le changement climatique entraîne des étés plus secs, le but est de limiter le chargement aux alentours de 1,3 UGB/hectare pour rester autonome.

Quelques données économiques 

Les 85 vaches laitières produisent entre 340 et 360 000 litres de lait par an soit 4200 litres de moyenne économique par vache environ. En 2019, la marge brute du lait atteignait 525€/1000 litres (sans prendre en compte la transformation). 30 % du lait est vendu chez Biolait et 70% est transformé avec un prix fixe de 550€/1000 litres en cessions internes. La marge nette était de 110€/1000 litres de lait. Enfin, la mise en place des chemins, des clôtures et des points d’eau a coûté environ 500€/ha aménagé. L’exploitation souhaite communiquer sur ses chiffres puisque si l’on ne prend en compte que les critères techniques, ils peuvent être considérés comme "hors normes". L’approche globale et cohérente est privilégiée. 

Témoignage

Bertrand Cailly, Lycée agricole de Brémontier-Merval

Comment s’est passée la mise à l’herbe à Brémontier-Merval cette année ? 

"Avec le froid, la pousse de l’herbe est ralentie, ceci nous permettra de réaliser le premier tour sans être débordé. Nos Normandes sont sorties depuis le 15 mars. Puisque notre stratégie est basée sur le minimum d’intrants, en système tout herbe et en agriculture biologique, les vaches pâturent jour et nuit depuis le 18 mars. Il s’agit d’un pâturage à 100 % puisqu’il n’y a pas d’apport de concentré ni de fourrage à l’auge. Seulement 2 à 3 kg de MS de foin/vache ont été distribuées les matins où les gelées étaient plus marquées. Les vaches laitières restent 24 à 48 heures par paddock. Les génisses, y compris les plus jeunes qui viennent d’être sevrées, sont également en 100 % pâturage, jour et nuit. Elles sont aussi en pâturage tournant, avec des  temps de séjour de 7 à 10 jours et un temps de retour de 45 jours environ, afin de gérer le parasitisme et d’obtenir des croissances suffisantes. Les 3,5 km de chemins stabilisés ont été d’une réelle utilité pour sortir tôt et accéder aux paddocks les plus portants".

Quelle est le niveau de production des vaches en ce moment ?

La production varie entre 17 et 20 litres/VL/jour à 36 g/L de taux protéique et 45 g/L de taux butyreux. Ces résultats correspondent à notre stratégie et laissent une excellente marge. Plus aucun tracteur ne démarre pour le troupeau".

Comment envisagez-vous de gérer la pousse de l’herbe dans les semaines à venir ?

"La pousse avec le froid est fortement ralentie (environ 15 à 20 kg de MS/j/ha selon le type de prairie). Avec le temps sec qui s’installe, les conditions de pâturage sont bonnes, mais nous n’avons pas de visibilité sur les parcelles qui seraient à faucher puisque la pousse est faible. Nous devons anticiper dès maintenant un allongement du temps de retour pour ne pas faire d’accélération à  contretemps et ne plus avoir d’herbe à pâturer dans quelques semaines sous prétexte de vouloir réaliser des stocks".

Pâturage d’été sur le site de Brémontier-Merval - Crédit photo B. Cailly

Pâturage d’été sur le site de Brémontier-Merval - Crédit photo B. Cailly

 

Mathilde NOËL, Chambre d’agriculture de Normandie