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Covid-19 : quelle situation pour l’agriculture normande ?

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Covid-19 : quelle situation pour l’agriculture normande ?

Sébastien Windsor, Président de la Chambre Régionale d'agriculture de Normandie, dresse un état des lieux de l'agriculture normande

Les Chambres d'agriculture de Normandie accompagnent au plus près les agriculteurs, d'autant plus depuis le début de la crise liée au covid-19. Alors que les sièges et les antennes des Chambres normandes ont rouvert le 11 mai, il est temps de dresser un état des lieux de l'agriculture normande, pendant l'urgence sanitaire.

Quelle est aujourd’hui la situation des agriculteurs normands ?

Le secteur agricole est globalement moins impacté que d’autres secteurs de l’économie. Cependant, une situation très hétérogène a été remarquée selon les secteurs. L'Horticulture, le secteur du cheval, l'industrie du lin, ainsi que le secteur cidricole et la filière lait font face à des difficultés et ce, pour diverses raisons :

  • soit par la fermeture de leur activité (horticulteurs et pépiniéristes, activité équine, accueil à la ferme, teillage de lin, etc.).
  • soit par la fermeture de certains débouchés – restauration, export, marchés, rayon traditionnel en grande surface, tourisme pour les produits cidricoles notamment – qui a lourdement désorganisé les filières et plus particulièrement celles qui sont en pic d’activité (filière lait).
  • soit par la réorientation de la demande des populations confinées (moins de transports: biocarburants, baisse des produits festifs ou d’exception comme les escargots, les fromages AOP normands, le foie gras, produits cidricoles, etc.).
  • soit par la baisse des prix à la production comme la viande bovine, alors que les ventes en grande surface sont restées dynamiques

Quelques nouvelles positives sont néanmoins à signaler

  • des ventes à la ferme en forte progression pour les agriculteurs qui la pratique.
  • une très forte activité sur le port de Rouen(76) avec le chargement de bateaux de blé à destination des pays méditerranéens. Ces échanges stimulent le prix du blé.
  • une baisse historique des prix du Gasoil non routier, au moment des travaux de semis de printemps.

Quelles attentes pour l'avenir ?

Le confinement des Français a été l’occasion de développer de nouvelles pratiques d’approvisionnement via les Drives, la vente en ligne, les achats dans les marchés, quand ces derniers ont été maintenus. Il faut donc espérer que cette sensibilité accrue au local persiste au-delà de la crise, au lendemain du déconfinement.
Les Chambres d'agriculture de Normandie attendent des collectivités locales et de l’Etat qu’ils soient facilitateurs pour poursuivre ce mouvement.