Vous êtes ici : Accueil > A proximité > Actualités locales > Lentille associée : innover pour pouvoir récolter

Lentille associée : innover pour pouvoir récolter

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page
Lentille associée ©Chambre d’agriculture de l’Oise

Lentille associée ©Chambre d’agriculture Oise

Légume sec en fort développement, la lentille a de beaux atouts à faire valoir dans nos assolements de grandes cultures.

La lentille a malheureusement tendance à s’affaisser au sol, notamment avec la pluie, ce qui ne facilite pas la récolte, voire la rend impossible en parcelles caillouteuses. L’associer est très souvent nécessaire, couramment à la caméline, qui est peu concurrentielle, cependant il y a des zones où elle ne se développe pas.

C’est chez nos voisins de la Chambre d’agriculture de l’Oise, où y est implantée l’entreprise AGRI CPS qui collecte, tri et décortique une grandes diversité de graines alimentaires, que des essais sont menés en lentilles associées depuis plusieurs années.

Depuis 3 ans, l’objectif était de maximiser le produit/ha en cultures de printemps, d’où l’idée d’y associer des céréales :

  • L’avoine par sa concurrence doit être faiblement peuplée (40 pieds/m²). Elle permet un rendement lentilles de 8,4 q/ha. Cette modalité reste intéressante pour son effet couvrant mais ne permet pas une double récolte car le rendement en avoine est insignifiant.
  • L’épeautre, malgré une concurrence raisonnable en cultures (80 pieds/m²), a limité le rendement des lentilles à 3,6 q / ha.
  • Le blé, avec 80 pieds/m², offre un rendement blé de 41 q/ha et laisse une expression de la lentille correcte (6,3 q/ha).

Pour ces deux dernières modalités (précédent blé de luzerne), la campagne 2019 a permis de conclure qu’il convient de réserver ce type d’association à des précédents moins riches, pour un rendement équilibré des deux cultures.

En 2020, c’est une alternative technique à la cameline qui est recherchée, pour un effet tuteur. En effet, la caméline est parfois envahie par les ravageurs :

  • En végétation : les méligèthes la rendent stérile, il n’y a pas de récolte des graines de caméline pour l’huile.
  • Dès la levée : ce qui ne lui permet pas d’assurer son rôle de tuteur, ainsi son absence peu compromettre la récolte de la lentille.

Il est évident qu’il y a une limite économique au triage, puisque contrairement à l’association avec la cameline, les graines de céréales sont de diamètre proche de la lentille, ce qui nécessite souvent un passage onéreux au trieur optique en plus du trieur à plat et/ou rotatif.

Pour la campagne en cours, les associations lentilles vertes ou lentilles noires sont plus diversifiées et prometteuses au visuel (voir photo prise le 18 juin 2020). Chaque plante tutrice a ses contraintes techniques : concurrence de l’orge (tallage), trace de gluten, réglage de la moissonneuse pour préserver les épillets d’épeautre…

Le lin oléagineux pourrait tirer son épingle du jeu en cas de facilité de triage.
 
Cet automne, n’hésitez pas à contacter le conseiller bio de votre Chambre d’agriculture pour avoir les résultats de la campagne 2020.