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Les vers de terre : un atout pour le fonctionnement des cultures

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Ils représentent environ 70 % de la biomasse animale terrestre dans les zones tempérées, et peuvent représenter jusqu’à 2 tonnes à l’hectare dans nos champs. Mais les connaît-on si bien ?

Avec plus de 3 000 espèces de vers de terre dans le monde, dont une centaine en France, les vers de terre représentent environ 70% de la biomasse animale terrestre dans les zones tempérées.

ENI : un réseau qui étudie la biodiversité des champs

Le réseau ENI normand (Effets Non Intentionnels des produits phytosanitaires), piloté par la Chambre d’agriculture de Normandie avec 6 partenaires régionaux, compte 33 parcelles étudiées depuis 2013 et s’insère dans un vaste réseau national de 500 parcelles. L’objectif de cette étude est de mesurer la biodiversité fonctionnelle en milieu agricole et de comprendre ses relations avec les pratiques agronomiques en place. Il étudie chaque année l’abondance et la diversité de la flore, des coléoptères, des oiseaux et des vers de terre.

3 catégories écologiques avec des fonctionnalités différentes

  • Ingérant les résidus de matière organique en surface, les épigés occupent l’horizon superficiel et sont davantage présents en système de non labour, étant fort sensibles au travail du sol.
  • Les endogés, pouvant atteindre 20 cm de long, vivent de manière horizontale dans le sol et contribuent, par la digestion de matière organique, à l’élaboration d’une structure grumeleuse jouant le rôle de rétention et d’infiltration de l’eau dans le sol.
  • Les anéciques, de couleur rouge ou noire, se déplacent sur l’ensemble du profil creusant ainsi de larges galeries verticales facilitant l’aération du sol et l’infiltration de l’eau de pluie.  

Le milieu normand, favorable à leur développement

Favorisés par la présence de matière organique et appréciant les sols humides, les parcelles normandes se distinguent régulièrement par l’abondance de vers de terre. L’Université de Rennes 1, dont le laboratoire est référent national pour cette étude, précise que si le nombre d’individus varie de manière notoire d’une parcelle à l’autre allant de 220 individus/m² en grandes cultures à 420 en prairies permanentes, leur poids cumulé peut atteindre l’équivalent de deux à trois vaches par hectare ! La moyenne de nos parcelles cultivées régionales se situe à 240 vers de terre par mètre carrés en 2019. Dont 80% sont des endogés. Les épigés, plus sensibles au travail du sol, ne représentent que 2% des individus observés.

Afin de les favoriser, il est conseillé de limiter les labours profonds et répétés et de leur apporter la nourriture nécessaire par des apports organiques (fumier, engrais vert, diversité de l’assolement…). D’une manière générale, certains travaux tendent à penser que les nématicides, insecticides et mollucides pourraient avoir des effets limitant leur développement.

Les suivis vers de terre sont toujours intéressants, car ils me permettent de voir si mes pratiques vont dans le bon sens. Même si les populations évoluent beaucoup avec la météo, cela m'incite à ne pas faire n'importe quoi dans mes choix d'interventions (traitements phytosanitaires, interventions mécaniques, choix culturaux...) car je me rends compte que cet équilibre est fragile.", explique M. Barbot, agriculteur du Calvados mettant à disposition du réseau une de ses parcelles.  

 

Julien Benoit (CREPAN) et Emmanuel Gsell (Chambre d’agriculture de Normandie)

 

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