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Pénurie de paille : alternatives pour les litières

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Paille

Les rendements en paille sont très hétérogènes cette année, descendant parfois jusqu’à 1T MS/ha, quelle que soit la céréale concernée.

Afin d’anticiper et de compenser cette perte pour certains éleveurs, découvrez des pistes de réflexion et des alternatives qui peuvent être envisagées.

Il existe toutefois peu de références concernant les différentes matières premières en bovin laitier. Mais il existe de nombreux témoignages d’éleveurs qui ont modifié leur pratique.

 

 

Raisonner l’économie

Si le stock est limité, une première piste est de vérifier s’il est suffisant pour les besoins du troupeau, sinon des possibilités d’économies de paille sont à étudier :

  • La première dépend de la météo : prolonger le plus possible le pâturage des différents lots en acceptant un peu de piétinement sur quelques parcelles cet automne voire en début d’hiver. 
  • Une sortie précoce en fin d’hiver peut aussi être organisée (fertilisation, accès, abris) dès que le temps le permet en février pour des laitières par exemple. 
  • A anticiper, le pâturage d’automne-hiver commence à s’ancrer dans les pratiques normandes. 
  • Economiser la paille présente : la note de propreté des animaux est le bon indicateur ; sortir les vaches en chaleur. Le broyage permet aussi de limiter les quantités. Attention surtout à la propreté des animaux qui partent à l’abattage. 
  • Ebouser les aires paillées
  • En logette paillée, regarder les autres matériaux utilisables selon la conception de la logette.

Cela peut se traduire par plus de temps passé à l’entretien des litières ou une attention renforcée lors de la traite.

Lorsque les économies de paille ne suffiront pas à couvrir les besoins, vous pouvez regarder ensuite les réductions possibles voire les alternatives pour les autres troupeaux. En dehors du bois plaquettes, peu de recherches ont été réalisées sur les autres matériaux, même si des témoignages existent.

Les pistes proposées sont aussi très dépendantes des ressources locales et des disponibilités.

Autres matériaux utilisables en litière

Caractéristiques et informations pratiques

Miscanthus

Produit très sec (85 % de MS), absorbant, générant peu de poussières et résistant bien au piétinement.

Fournisseurs normands (non exhaustif) :

> https://www.biocanthus.com/produits
> https://www.miscanthusnormandie.com
> https://www.acheteralasource.com/produit/4701
> https://www.acheteralasource.com/produit/10152

Cannes de maïs

Drainantes, à laisser sécher au champ avant broyage.

Possible avec récolte en conditions sèches. Le rendement peut varier de 4 à 7 T / ha suivant le rendement en maïs grain.

Fumier de cheval

A priori très pailleux, à vérifier.

Existe avec divers supports : paille de céréales, copeaux, anas de lin.

Sciures

Bon pouvoir absorbant.

Possible sur une couche de copeaux de bois, utilisables en logettes.

Dolomie ou sable

Pratique.

Pour les logettes.

Autres supports vus, entendus

  • joncs dans les marais,
  • fougères,
  • menues pailles si encore disponibles,
  • pailles d’autres cultures (éviter le colza),
  • digestat séché …

Précautions d’usages

Quelle que soit l’alternative que vous voulez mettre en place, les précautions d’usages restent les mêmes :

  • vérifier le niveau d’humidité,
  • stocker la matière première au sec,
  • limiter la présence de bouses sur la litière
  • assurer la ventilation du bâtiment.


Enfin, il faudra également anticiper les capacités de compostage et d’épandage de chaque matériau.

Plaquettes de bois déchiqueté

Déjà pratiquée dans les régions bocagères pour valoriser les haies, les plaquettes de bois déchiqueté s’utilisent pour la litière des bovins en aire paillée. Pour cette utilisation, il est recommandé que les copeaux de bois mesurent de 20 à 30 mm. En équivalence, 1 tonne de paille représente 3,5m3 de plaquettes sèches.

Comment les utiliser ?

Elles peuvent être utilisées en pure comme unique litière, ou bien avec un paillage progressif. Dans les deux cas, la pratique courante est d’installer en premier une couche de 8-10 cm sur la partie couchage et 30 cm si présence de marche ou autour des abreuvoirs.

L’épandage peut se faire au godet, à l’épandeur à l’axe vertical, à la pailleuse à simple tapis ou au bol mélangeur, voire laisser étaler par les animaux (petits tas).

 

Source : Idele-ARBELE : L’ARBre dans les exploitations d’ELEvage herbivore-Bien utiliser la litière plaquette dans mon élevage-2018

 

Après 2 à 4 semaines, en fonction des conditions sanitaires et de l’état de propreté des animaux, de la paille peut être ajoutée par-dessous, à raison d’un tiers des quantités "normales", ou bien d’autres couches de plaquettes, à raison de 7 cm d’épaisseur.

La particularité est que la litière noircit vite et c’est normal. Il faut donc suivre l’état de propreté des animaux pour décider d’un nouvel apport, quelle que soit la couleur de la litière.

Les fumiers issus de ces litières s’épandent correctement mais il est préférable de les composter au préalable, car les plaquettes se dégradent difficilement, en fonction des essences d’arbres qui les constituent.

Témoignages

"Une alternative à la litière paille - Retrouver une certaine autonomie pour le paillage des bovins. C’était l’objectif d’Yves Fradin, pour ses 70 vaches, en intégrant de la plaquette bois dans la litière. D’autres avantages ont aussi été mis en avant."

> 35 % de paille en moins, découvrez le témoignage

 

"L'utilisation de la plaquette bocagère en litière animale suscite de nombreuses craintes et questions chez les éleveurs : Quel impact sur l'aspect sanitaire du troupeau ?  Combien ça coûte ?  Comment mettre en œuvre ?"

> L'utilisation du bois déchiqueté issu de l'entretien du bocage pour le paillage des litières en élevage laitier - Retour d’expériences

Où s’approvisionner ?

En Normandie, la filière bois énergie est pilotée par la Fédération des Cuma de Basse-Normandie (02 33 06 48 26). Les 4 structures locales d’approvisionnement en bois déchiqueté présentes en Normandie sont : 

  • Haiecobois dans la Manche
  • Bois Haienergie 14 dans le Calvados
  • SCIC Bois Bocage Energie dans l’Orne
  • EDEN dans la Seine-Maritime et l’Eure.

Sinon, vous pouvez vous tournez vers un agriculteur voisin qui déchiquète du bois ou bien auprès d’une entreprise privée d’élagage/broyage s’ils ont du stock. 

L’échange paille/fumier

Même si l’idéal est de créer une relation sur le long terme avec un céréalier, faire un échange paille / fumier est un moyen d’acquérir de la paille. Il faut pour cela que les deux parties se mettent d’accord sur qui fait quoi (pressage et transport paille, transport et épandage déjections), sur la qualité des produits échangés (disposer d’analyses d’effluents).

> Voir l'outil d'Arvalis pour calculer les valeurs d'échange paille/fumier 

 

A moyen long terme, une évolution de votre organisation (assolement, fourrages, bâtiment, main d’œuvre) peut être étudiée dans  l’optique de limiter l’utilisation de paille.

 

> Parlez-en à votre conseiller local

 

> Téléchargez la note - Pénurie de paille : les alternatives pour les litières

 

Sources - Journées techniques ouest Cuma 2014 : récupération des menues pailles | deux-sevres.chambre-agriculture.fr/actualites/detail-de-lactualite/actualites/quelles-alternatives-a-la-paille-pour-mes-animaux/

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