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Produits laitiers : les prix se redressent difficilement

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Le marché du lait dans le contexte du coronavirus

Le prix de la poudre de lait écrémé est resté stable au mois d’aout en Europe pour atteindre 2 138 €/t proche de son prix de 2019.

La tendance est à un redressement depuis la fin du confinement (+8%) mais le prix de la poudre de lait reste encore loin de son niveau de la fin du mois de janvier (2 616€/t).

 

Prix de la poudre de lait écrémée (en €/t)

 

Les marchés laitiers ont été bouleversés en février et mars en raison de la crise sanitaire générée par le covid-19 : perte de débouchés à l’export, forte diminution de la restauration hors domicile, évolution des comportements d’achat des consommateurs… Cela s’est traduit pendant le confinement  par une baisse de 20 % du prix de la poudre de lait par rapport au  début de l’année. Certaines laiteries, du fait de leur gamme de produits, ont été fragilisées puisque les beurres, crèmes et laits liquides ont été plébiscités au détriment des fromages sous appellation d’origine. Les quatre fromages normands sous AOP ont ainsi vu leurs ventes chuter.

On assiste depuis le début du mois de mai à un léger redressement  du prix de la poudre de lait. Cela s’explique principalement par une reprise des envois vers la Chine.

Dans une bien moindre mesure, les dispositifs  visant à réduire les volumes de lait mis sur le marché ont certainement contribué à ce rebond des prix :

Face à une hausse de la collecte particulièrement marquée en début d’année 2020, et à l’approche du pic de collecte saisonnier de printemps, toute la filière française a appelé les producteurs à une modération des volumes. Autorisé par l’Union Européenne, le fonds de solidarité exceptionnel du CNIEL  a indemnisé tous les éleveurs français qui ont réduit leurs livraisons mensuelles d’avril (de 2 à 5 % /2019) à un prix de 320 €/1 000 L. Cette mesure a concerné 22 000 producteurs pour 48 millions de litres, dont 16% en Normandie.

La collecte des quatre semaines de juin 2020 affiche une baisse de 0.5 % en France (-1.5% en Normandie) par rapport aux quatre mêmes semaines de 2019.  Les conditions climatiques ne sont pas étrangères non plus à cette réduction de collecte. Au final, l’ensemble de la collecte laitière française 2020 reste supérieure à celle de l’année précédente (+0.7%). La production laitière normande depuis le début de l’année 2020 a quant-à-elle diminué de 0.3% par rapport à l’année passée. Au niveau européen, la collecte de janvier à juin s’est accrue de 1.9% par rapport à la même période de l’année précédente.   

Par ailleurs, la Commission européenne a mis en œuvre un dispositif d’aide au stockage du beurre,  de la poudreécrémée et de fromages : l’Union Européenne paie les frais de stockage aux laiteries pour repousser la mise en marché de quelques mois. Peu de produits ont finalement bénéficié de ce stockage privé.

Enfin, la cotation du beurre de l’observatoire européen a stagné en août après avoir progressé en juin et juillet.Elle atteint début septembre  3 430 €/t (contre 3 625 €/t en janvier). Les cotations des fromages se redressent elles aussi et son proches de leurs cotations 2019.

Les prix du lait payés aux éleveurs qui étaient en hausse en début d’année de 2 à 3 % ont ensuite reculé de 1 à 3 % selon les mois jusqu’en août.

 

Service Économie, Veille & Prospective
Direction Innovation Recherche Développement

 

 

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