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Produits laitiers : vers un retour à la normale

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Le marché du lait dans le contexte du coronavirus

Le prix de la poudre de lait écrémé a repris 4 % au cours du mois de juin en Europe pour atteindre 2 120 €/t. Ce rebond ne lui permet toutefois pas de retrouver son niveau de la fin du mois de janvier (2 616€/t).

Les marchés laitiers ont été bouleversés en février et mars en raison de la crise sanitaire générée par le covid-19 : perte de débouchés à l’export, forte diminution de la restauration hors domicile, évolution des comportements d’achats des consommateurs…

Cela s’est traduit par une baisse de 20 % du prix de la poudre de lait depuis le début de l’année. Certaines laiteries, du fait de leur gamme de produits, ont été fragilisées puisque les beurres, crèmes et laits liquides ont bénéficié d’un report de consommation au détriment des fromages sous appellation d’origine.

Les quatre fromages normands sous AOP ont ainsi vu leurs ventes chuter.

 

Prix de la poudre de lait écrémée (en €/t)

 

 

On assiste depuis le début du mois de mai à un léger rebond du prix de la poudre de lait. Cela s’explique principalement par une reprise des envois  vers la Chine.

Dans une bien moindre mesure, les dispositifs  visant à réduire les volumes de lait mis sur le marché ont certainement contribué à ce rebond des prix :

Face à une hausse de la collecte particulièrement marquée en début d’année 2020, et à l’approche du pic de collecte saisonnier, toute la filière française a appelé les producteurs à une modération des volumes.
Autorisé par l’Union Européenne, le fonds de solidarité exceptionnel du CNIEL indemnise tous les éleveurs français qui ont réduit leurs livraisons mensuelles d’avril (de 2 à 5 % /2019) à un prix de 320 €/1 000 L.
Cela s’est traduit par une petite contraction de la collecte nationale.
La collecte des quatre semaines d’avril 2020 affiche une baisse de 0,7 % en France, comme en Normandie par rapport aux quatre mêmes semaines de 2019 alors que la tendance de mars était à +1 %.

Cette modération s’intensifie en mai avec une collecte en baisse de 1,4 %. La plupart des laiteries ont incité leurs éleveurs à poursuivre la réduction de leurs livraisons sur juin et les conditions climatiques ne sont sans doute pas non plus étrangères à ce constat de réduction de collecte. La baisse de collecte s’est poursuivie (mais atténuée) sur les trois première semaines de juin : -0,9 %.

Par ailleurs, la Commission européenne a mis en œuvre un dispositif d’aide au stockage du beurre,  de la poudreécrémée et de fromages: L’Union Européenne paie les frais de stockage aux laiteries pour repousser la mise en marché de quelques mois. Fin juin, peu des produits avaient bénéficié de ce stockage privé : 18 000 tonnes de fromages, 18 000 tonnes de beurre et 3800 tonnes en poudre.

Enfin, la cotation du beurre de l’observatoire européen se redresse aussi, elle a repris 9 % depuis le début de mois de juin et atteint désormais 3 220 €/t. Les cotations des fromages se redressent elles aussi.

Service Économie, Veille & Prospective
Direction Innovation Recherche Développement

 

 

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