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Une Normandie au bilan contrasté

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Les observations se terminent, la croissance de l’herbe également. Les dernières semaines le montraient, quasi aucun site ne présente des croissances supérieures à 30 kgMS/ha/jour. Cela reste cependant normal.

La courbe de croissance Normande moyenne 2020 (voir graphique) reste en deçà de la moyenne 2019 et de la moyenne 2005/2015.

Cette moyenne cache toutefois de fortes disparités et donc des adaptations locales très marquées. A titre d’exemple le rendement cumulé à la Hague (50) avoisine les 10tms/ha du 23/03 au 23/10 avec 5.5 tms/ha pour le printemps. A l’inverse, à la Ferrière Bochard (61) le cumul de dépasse pas 4.5 tms/ha avec 3.5 tms/ha au printemps.

Les opportunités d’usage de la pâture sont de fait très différentes sur des exploitations ayant pourtant les mêmes pratiques agronomiques.

Au sein du réseau les exploitations dans des zones favorables utilisant le mieux l’herbe ont su produire plus de 15000 l/ha pâturés et 12500 l en enlevant la contribution des fourrages distribués et ce avec 1kg de concentré/VL acheté et un peu de céréales autoproduites. Ces résultats montrent bien la productivité permise par le pâturage.

Dans les situations moins favorables cette année comme l’a été la zone du Perche par exemple la productivité à l’herbe pâturée peut baisser à 3000 l/ha et ce à cause uniquement de la faible croissance de l’herbe. Les rendements dans ces zones oscillant autour de 5tms /ha.

Dans tous les cas les exploitations performantes au pâturage sont celles dont le troupeau consomme toute l’herbe qui pousse. Les écarts entre croissance cumulée et rendement valorisé sont dans ces cases cas infimes. Des exploitations du réseau atteignent 10tms /ha de rendement valorisé.

 

Témoignage

GAEC du Vastel - Morville (50)

"Cette année a été un peu particulière, l’hiver pluvieux a légèrement changé les habitudes. Nous n’avons pas pu effectuer les rotations que nous faisons habituellement sur les parcelles en périphérie du parcours. Nous avions donc 4ha de prairies qui auraient dû être cassées, et qui ont donc moins bien résisté à la sécheresse estivale que si nous avions eu accès à la même surface fraichement implantée. A la différence des prairies permanentes proches du bâtiment, les prairies temporaires ne sont pas desservies par des chemins stabilisés.

Ajoutons à cela la portance moindre, et le résultat est que ces prairies n’ont pu être pâturées que plus tardivement. De même, leur valorisation ces dernières semaine a été compliquée. Enfin, les apports de lisier habituellement réalisés à l’automne n’ont pas été faits, ni les apports d’engrais minéral habituellement fait en fin d’hiver. Cela a sûrement diminué la capacité des prairies à résister au sec.


La pousse a été au rendez-vous sur le mois d’avril et le début de mai. Nous avons été prudents sur les surfaces fauchées à fin avril, malgré cela le stock d’herbe disponible était faible fin mai faute de précipitations. Le retour de la pluie début juin a permis de couper d’autres parcelles avant l’été. Les variations de pousse ont conduit à faire adapter quotidiennement la complémentation entre 5 et 8kgMS. L’ensilage de maïs a été rationné, l’ensilage d’herbe a fait le tampon entre le maïs disponible et le pâturage disponible.

Même si l’année typique n’existe pas, celle-ci a demandé une dose de flexibilité supérieure à la moyenne."

 

Fabien OLIVIER - Chambres d’agriculture de Normandie