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Une pousse de printemps qui prend son temps

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Le vent et la fraîcheur des nuits limitent la pousse pour pâques. Rassurez-vous la douceur approche et favorisera la croissance de l’herbe

Semaine 16

Les dernières semaines ont été marquées par un fort vent d’est sur la région et des températures fraiches pour un début de printemps. Ces conditions ont limité la pousse de l’herbe et le pic de croissance souvent prévus à la mi-avril. Avec des températures qui se radoucissent et quelques averses, la pousse de l’herbe devrait s’accélérer. C’est le moment d’estimer le stock d’herbe disponible pour nourrir le troupeau. 

Critères de décision : la biomasse disponible

L’estimation du stock sur pied et des jours d’avance peut se faire avec la méthode de la botte ou plus précisément avec un herbomètre.
Faire la moyenne des hauteurs par parcelle à pâturer, multiplier avec la surface de votre paddock, pour calculer votre stock disponible (hauteur >5 cm) et avec une densité moyenne de 250 kg de MS/cm.

Pensez à adapter la densité si vous êtes en prairie temporaire, permanente ou avec des facteurs limitants.
Par exemple pour une parcelle A d’une hauteur d’entrée de 8,2 cm et de sortie 5 cm 

  • Parcelle A: 8.2 - 5 = 3.2 cm (surface: 2.0 ha) 3.2 cm x 250 kg x 2 ha = 1600 kg
  • Parcelle B: 10 -5 = 5 cm (surface: 1 ha) 5 x 250 kg x 1ha = 1250 kg

Total disponible = 2850 kg de MS.

En prenant une ingestion potentielle de 15 kg/MS/jour pour une vache laitière à 6000kg de lait et 20kg/MS/jour pour une vache allaitante et son veau, vous pouvez calculer le potentiel alimentaire de vos prairies.

Faire des économies 

L’herbe pâturée est la ressource la plus économique : < 15€/TMS comparée à une herbe récoltée souvent supérieur à 40€ /TMS pour de l’ensilage et 70 €/TMS pour de l’enrubannage (Hors frais de mécanisation).

Pour la valoriser au maximum, il est important de garder quelques repères. Arrêter le deprimage avant le stade épi 5 cm, sinon les animaux risquent de consommer les épis et de réduire fortement la repousse au cycle suivant.
Pour un troupeau de bovins ou d’ovins, rentrer dans la parcelle quand vous estimez être entre 8 et 12 cm et sortir avant le stade 5 cm de hauteur, pied à découvert, pour éviter le surpâturage. Les réserves d’une graminée se trouvent à la base des tiges et au plateau de tallage, il est donc indispensable  que les animaux ne pâturent pas trop ras pour ne pas entamer les réserves de la plante ou sa pérennité.

Le bon stade d’exploitation de la prairie est estimé à  3 feuilles,  avant épiaison pour conserver de bonnes performances animales sans dégrader le potentiel de la prairie.

Faire confiance à la pousse

Une herbe éclaircie favorisera la reprise du trèfle, un pâturage précoce augmentera le tallage et la reprise de végétation.

Le nombre maximum de feuilles vivantes adultes par talle est de 3 pour le ray gras anglais, 2 pour la fétuque élevée, 3 pour le dactyle et 4 à 5 pour la fléole. Pour la pâturer au bon stade, laisser un temps de repousse suffisant entre vos passages 20 jours minimum dans les conditions printanières actuelles. 

L’herbe est un fourrage équilibré et adapté au ruminant, pâturé au bon stade, il vous permettra d’être rassuré pour la saison
 

Témoignage

EARL de Poret, Mantilly 61

Aujourd’hui, Il reste environ 8 ha à faire pâturer pour finir le premier cycle de pâture. Jusqu’à maintenant, les hauteurs de sortie étaient bonnes, autour de 4 cm. Cela s’atténue dernièrement à cause des hauteurs d’entrée plus élevées (5 cm en sortie pour une entrée à 13.5 cm). Avec l’accélération de la pousse de l’herbe, j’envisage de débrayer plusieurs parcelles pour éviter des hauteurs d’entrée trop élevées ainsi que de diminuer davantage la ration à l’auge pour maintenir une bonne valorisation de l’herbe.

Le changement climatique brutal des dernières semaines et le souhait d’augmenter la surface en herbe pour les vaches (via l’ajout d’une parcelle destinée d’ordinaire à la fauche dans le cycle de pâturage) ont permis de modifier la rotation habituelle. Les parcelles humides, pâturées en fin de cycle, sont déjà pâturées ou en cours de pâture actuellement.

La première coupe d’ensilage et la sortie des génisses seront plus tardives que l’année dernière car le stock sur pied est moins important que l’année dernière. De plus, certaines parcelles (notamment les parcelles humides pour les génisses) présentent des zones très irrégulières cette année. 

Toutes les parcelles ont reçu un apport azoté. La fertilisation a également été plus tardive cette année. Les derniers des premiers apports datent tout juste de la fin de semaine dernière. 

 

Claire Caraës, Chambre d’agriculture de Normandie