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Vu pour vous aux Prairiales de La Blanche Maison

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Semis de prairie sous orge de printemps

Les Prairiales de la Ferme expérimentale de La Blanche Maison ont accueilli 900 participants le 10 juin dernier.

Découvrez une sélection de sujets faisant la part belle aux diverses techniques de rénovation de prairie.

 

 

 

 

Sur la Ferme expérimentale de Trévarez, le maïs épi tend à remplacer le maïs ensilage dans les rations hivernales des vaches laitières bio

Dans le Finistère, la Ferme expérimentale de Trévarez teste plusieurs rations hivernales pour les vaches laitières (croisées Prim’Holstein, Jersiaises, Normandes) afin de trouver le meilleur compromis autonomie alimentaire / production / taux et aspects zootechniques.

Une ration basée sur 5 kg MS de maïs ensilage + ensilage d’herbe jeune à volonté + 0,9 kg de céréales (orge ou méteil) + 3 kg de bouchons de luzerne a tout d’abord été complémentée par 3 kg de bouchons de maïs épi déshydraté afin de réduire la perte d’état des vaches observée durant l’hiver. L’ajout de ce complément a permis d’augmenter l’ingestion (+ 2,7 kg MS) et la production laitière (+ 1,5 kg/VL/j) mais à fortement impacté la marge sur coût alimentaire (- 4 000 € pour 75 VL sur 3 mois) du fait du coût élevé du bouchon de maïs épi déshydraté (450 €/T).

Cet hiver, pour gagner en autonomie et améliorer ses résultats, la ferme a choisi de complémenter une ration basée sur de l’ensilage d’herbe jeune à volonté + 3 kg de céréale, soit avec 5 kg MS de maïs ensilage, soit avec 5 kg MS de maïs épi. Le remplacement du maïs ensilage par du maïs épi a permis d’augmenter légèrement la production (+ 0,8 kg/VL/j) et le TB (+ 1,8 g/kg). Cette tendance doit être confirmée par de nouveaux essais, la qualité des fourrages variant d’une année sur l’autre.

Rappel de quelques valeurs (Source INRA 2007) :

Les clés du pâturage hivernal
(Programme REINE MATHILDE)

Pour faire du pâturage hivernal, il faut tout d’abord faciliter le flux des animaux par l’aménagement de bons chemins (larges et en dur auprès des bâtiments, plus étroits pour les chemins les moins utilisés), et des sorties d’animaux échelonnées (par groupe de 10 par exemple, en sortie de salle de traite).

Pour éviter d’abimer les pâtures en hiver, il est préférable de viser l’utilisation d’une parcelle par jour,  de disposer si possible d’une entrée et d’une sortie par paddock, et d’apporter des fourrages pour complémenter l’herbe pâturée de façon à allonger la durée du retour sur une même parcelle.

Insérer un couvert pâturable entre 2 prairies
(Programme REINE MATHILDE)

Pour rénover une pâture rapidement sans labourer, il est possible de casser la prairie avec 2 passages d’outils à dents (HORSCH), suivi de 2 passages de rotavator puis de semer, tout début septembre, un couvert à pâturer. Un mélange de 1 kg de colza fourrager + 1 kg de radis fourrager + 3 kg de trèfle incarnat + 3 kg de trèfle squarrosum + 3 kg de trèfle d’alexandrie a été semé à la volée, pour être pâturé à l’automne (0,8 tMS/ha valorisées) et en février, à la sortie des vaches (0,4 tMS/ha valorisées). Le couvert a ensuite été détruit pour laisser place à une association pois protéagineux + féverole de printemps (objectif ensilage) + prairie semée, à la volée, sous couvert de l’association (l’une des techniques développées sur le programme Reine Mathilde). Le semis de la prairie à la volée est à privilégier au semis en ligne puisqu’il permet de mieux répartir les semences et de limiter, entre autre, les dépôts de mousse souvent présents sur l’inter-rang.

Rénover une prairie : privilégier le semis de printemps, sous couvert d'avoine de printemps
(Chambre d'agriculture de la Manche)

Pour casser une prairie sans labour, il est possible d’utiliser des outils horizontaux type Dyna-drive (arrache les racines), rototiller, rotavator passé à 14 km/h en plusieurs passages, ou outils à disques indépendants.

Implanter une prairie l’automne permet de récolter du fourrage plus tôt qu’en l’implantant au printemps, mais limite parfois la présence de légumineuses. Il existe plusieurs options pour rénover une prairie, en détruisant l’ancienne prairie en été (août) :

  • Semis de la nouvelle prairie, début d’automne, quelques semaines après destruction de l’ancienne : cette technique n’est pas favorable à l’implantation des légumineuses, et favorise le développement des adventices
  • Semis de 7 kg/ha de colza fourrager + 18 kg/ha de RGI qui restera en place une petite année (de septembre à août N+1), puis semis de la nouvelle prairie, début d’automne : cette technique permet de valoriser l’azote relargué par la destruction de l’ancienne prairie de limiter le salissement de la nouvelle prairie et de pâturer la culture de rupture.
  • Semis de 20 kg/ha d’avoine d’hiver + 15 kg/ha de trèfle en septembre, destruction en mai (après 8 mois) puis semis de la nouvelle prairie : cette technique permet de limiter la présence d’adventices, favorise l’implantation des légumineuses, valorise l’azote relargué par l’ancienne prairie (via l’avoine), tout en permettant de produire du fourrage l’année de la rénovation (récolte de l’avoine et du trèfle).

Pour rénover vos prairies : préférez les semis de prairies au printemps, sous couvert de cultures de printemps (entre autre l’avoine de printemps pour une utilisation en fauche ou pâture), si possible après une culture, pour casser le cycle (avoine fourragère, colza fourrager, céréales…).

Sursemer ses prairies : 3 conditions de réussite
(LITTORAL NORMAND)

Avant de sursemer une prairie, il faut avant tout diagnostiquer et régler les problèmes qui ont amené à la dégradation de la prairie (sous-pâturage ? sur-pâturage ? problème lié au sol...)
Si la prairie présente moins de 20 % de bonnes espèces : mieux vaut la détruire et la ressemer. Si en revanche elle présente + de 50 % de bonnes espèces, on peut envisager de la sursemer.

3 conditions de réussites :

  • L’accès à la lumière : bien raser la parcelle avant de sursemer (+ passer éventuellement la herse étrille)
  • L’agressivité des espèces/variétés sur-semées : privilégier les espèces agressives (RGA, RGH ou RGI et trèfles violets ou hybrides (fauche) ou blanc (pâture))
  • La chaleur et l’humidité : privilégier le semis des graminées fin d’automne (novembre) au semoir direct à dent (Simtech, Guilbard T-drill…) et des légumineuses au printemps (fin mars/début avril) au semoir spécifique (type Vredo, Guttler APV…)

Semer ses prairies l'automne, sous cultures d'automne
(Ferme expérimentale de Thorigné d'Anjou)

A cause d’échecs avec des implantations de printemps ou d’été en zone séchante, la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou (49) teste depuis plusieurs années le semis de prairie d’automne (fétuque, RGA, TB, Trèfle Hybride, lotier), sous couvert de triticale (300 grains/m²) + pois fourrager (15 grains/m²) + vesce (15 grains/m²).

La culture et la prairie sont semées le même jour, à l’aide d’un semoir à double trémie, avant d’être roulées. Le semis a lieu entre le 10 octobre (pour ne pas que le couvert prenne le dessus) et le 1er novembre.

Les plantules de prairie à l’abri du méteil ne semblent pas souffrir de l’hiver, et elles bénéficient de lumière avant d’être recouvertes par le méteil. Cette technique permet de gagner du temps pour implanter la prairie, de semer la prairie en conditions de germination favorables et, sauf année exceptionnelle, n’a pas d’impact négatif sur les rendements mesurés (prairie et culture).

Plusieurs essais de densités de semis ont permis de montrer qu’il n’y avait pas d’effet sur les rendements (cultures et prairies) en augmentant ou en diminuant les doses de semis : les doses de semis utilisées actuellement sur la ferme pourraient donc être diminuées.

Semis de prairie sous orge de printemps (photo Chambres d'agriculture de Normandie)