Les CIVEs

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Qu'est-ce qu'une culture intermédiaire à vocation énergétique (CIVE) ?

Une culture intermédiaire à vocation énergétique (CIVE) est une culture implantée et récoltée entre deux cultures principales dans une rotation culturale. Les CIVE sont récoltées pour être utilisées en tant qu’intrant dans une unité de méthanisation agricole.

Comme les « CIPAN » réglementaires, les CIVE jouent un rôle de couvert végétal, ne laissant pas le sol nu pendant l’interculture.

Elles permettent aux agriculteurs qui possédent un méthaniseur de sécuriser leurs approvisionnements en obtenant le substrat nécessaire sans avoir recours aux cultures dédiées (leur apport en méthanisation est limité réglementairement en France).


NB : par définition une culture principale est soit :

  • Sous contrat.
  • La plus longtemps présente sur le cycle annuel.
  • En place entre le 15 juin et le 15 septembre.

En dehors de ces critères, on peut considérer qu’il s’agit d’une CIVE.

Les avantages agronomiques et environnementaux des CIVEs

De nombreuses espèces peuvent être utilisées en tant que CIVE : graminées pures (avoine, seigle, triticale, ray grass…), ou en mélange avec légumineuses (vesce, trèfle, pois, féverole).

De manière générale il faut mieux éviter les crucifères (moutarde, navette, colza) riches en soufre.

En fonction de l’espèce, ou des espèces dans le cas de mélanges, les CIVE peuvent présenter plusieurs avantages agronomiques :

  • Limitation du lessivage des nitrates.
  • Structuration du sol.
  • Lutte contre les adventices (compétition pour les ressources).
  • Lutte contre certaines maladies de la culture principale, si l’association des deux cultures est favorable.
  • Préservation des populations d’abeilles, en cas de plantes produisant du nectar.
     

Intégrer des CIVEs dans sa rotation

L’introduction d’une CIVE dans une rotation ne doit pas gêner la conduite des cultures principales. Elles doivent permettre d’assurer leurs potentiels de production tout en visant un rendement suffisant pour la CIVE elle-même.

Pour cela, deux points essentiels sont à prendre en compte :

  • Le choix de l’espèce : il doit être adapté aux cultures précédentes et suivantes, en raisonnant le positionnement des cycles de chacune. La date de semis de la CIVE est influencée par la date de récolte de la culture précédente ; et la récolte de la CIVE doit être positionnée selon les prévisions de semis de la culture suivante.  
  • Le semis : comme une CIVE ne bénéficie pas des conditions climatiques optimales et d’une durée d’implantation très longue, son implantation doit être particulièrement soignée pour un démarrage rapide et une production de biomasse suffisante.
     

CIVE d’été et CIVE d’hiver

En fonction de la période d’implantation, on distingue deux types de CIVE : les CIVE d’été et les CIVE d’hiver.

CIVE d’été

Après une culture d’hiver récoltée précocement, telle que l’orge d’hiver, le méteil ou sur certaines zones le pois, il est possible d’implanter une CIVE d’été telle que, le sorgho, le maïs, le tournesol…etc. Elle sera récoltée à l’automne avant l’implantation d’une nouvelle culture principale.

Sa productivité est réduite en cas de semis trop tardifs pendant l’été. Et elle est très dépendante de la pluviométrie estivale.

En Normandie, plusieurs essais sont pratiqués sur ces CIVE d’été avec pour objectif de produire un maximum de biomasse.
Le maïs  semé avec semoir de précision et le tournesol présentent de très bons résultats en termes de productivité.

  
Illustration : mélange de tournesol et maïs, plate-forme CA 14 - Agrigaz 2018 (Vire)

CIVE d’hiver

Avant une culture d’été, l’implantation d’une CIVE d’hiver peut être envisagée : céréales, association céréales/légumineuses, oléagineux….etc. 

A l’instar des CIVE d’été, la productivité de ces cultures est réduite par leur récolte précoce afin de limiter l’impact sur la culture principale suivante. Par contre le potentiel de rendement est plus stable et plus sécurisant.

De nombreux essais sur les CIVE d’hiver sont également pratiqués en Normandie. Le seigle possède un bon potentiel de production, un apport de digestat ou autre effluent organique étant nécessaire a minima au semis, en sortie d’hiver sinon.

L’utilisation des CIVEs en méthanisation

Les CIVEs peuvent devenir un substrat intéressant en méthanisation. Leur fort potentiel méthanogène, compris entre 100 et 300 Nm3CH4/TMS, selon l’espèce utilisée leur permet de limiter le recours aux cultures énergétiques dédiées.

Comme tout végétal (hormis les ligneux), le pouvoir méthanogène des CIVE est bien supérieur à celui des effluents d’élevage. Par contre ils coûtent bien plus cher à produire.

Pour que le méthaniseur prenne en charge l’intégralité des charges liées à cette culture (charges opé+fixes réparties), on considère qu’il faut viser un rendement minimum de 4 TMS/ha.

L’enjeu est donc de travailler les espèces et les variétés en fonction du contexte pédoclimatique du secteur pour atteindre et dépasser ce seuil de manière stable.

 

La Chambre d’agriculture propose également une journée de formation sur les CIVE : « Nourrir un digesteur avec des CIVEs (Culture Intermédiaire à Valeur Énergétique) ».

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CIVE : productivité et pouvoir méthanogène

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