Reduire la production laitière - coronavirus

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La pandémie de Covid 19 crée des tensions importantes dans la filière laitière. Réuni le 31 mars, le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL), qui intègre aussi bien producteurs que transformateurs et distributeurs, a validé le principe d’indemniser les éleveurs qui baissent volontairement leur production laitière en avril 2020.

Cette proposition doit être validée officiellement par la Commission Européenne au plus tôt d'ici à fin mai 2020.

Quelle est la situation du marché laitier qui a poussé le CNIEL à proposer cette réduction de production ? Cela s’explique principalement par l’approche du pic saisonnier de production de printemps, dans un contexte de production mondiale importante en 2020, et alors que la demande en lait se contracte.  

Voici le principe de l'aide à la réduction de la production laitière sur le mois d'avril 2020 : tout volume non produit éligible à l’aide - voir détail des critères, dérogations et modalités dans la note CNIEL - sera indemnisé à hauteur de 320 €/1000 litres.
Pour un producteur, les volumes collectés d’avril 2020 seront comparés à ceux d’avril 2019. S’il peut accéder à l’aide (baisse du volume comprise entre -2 et-5 %), il touchera un montant équivalent à la différence entre les volumes collectés en avril 2019 et avril 2020, multiplié par l’aide de 320 €/1000 litres (ou 0,32 €/litre).

Vous trouverez ci-dessous plusieurs leviers possibles pour réduire la production de lait.

Les leviers de réduction de la production de lait de printemps

Face aux fortes perturbations des marchés des produits laitiers dues à la pandémie Covid-19, des appels à la modération de la production laitière sont lancés, nous vous proposons ci-dessous plusieurs leviers de réduction de la production de lait et un tableau synthétique des impacts de chaque levier.
Si besoin, vous pouvez contacter un conseiller élevage via l’antenne Chambres d’agriculture proche de chez vous pour des questions ou conseils techniques dans la mise en œuvre de ces leviers techniques.
 

Avec la mise à l’herbe, diminuer de façon conséquente l’ensilage de maïs

Quel que soit le secteur en Normandie, les stocks sur pied sont importants : c’est l’occasion de les valoriser dès à présent, ce qui permettra d’économiser les stocks fourragers et les concentrés et de permettre une repousse de qualité. Attention cependant aux transitions si la mise à l’herbe est récente.

Réduire le concentré de production

Sur une ration équilibrée, c’est un levier simple à mettre en œuvre et qu’on peut arrêter à tout moment.
A l’herbe, 1 kg de concentré = 1 litre de lait.
Avantages : baisse du coût alimentaire et renforcement de l’autonomie. On valorise mieux les fourrages, à condition qu’ils soient suffisants et de qualité.
Risque : baisse du TP.                

Adapter la quantité de correcteur azoté

Facile et rapide pour les animaux avec peu ou pas d’herbe pâturée, réversible à tout moment et sans effet sur la lactation suivante. De plus, avec un marché du tourteau de soja en situation de crise actuellement  et voyant son cours augmenter, la diminution de son emploi est encouragée.
Le meilleur compromis « énergie-azote » d’une ration équilibrée se situe autour de 100 g de PDIE/UFL, en termes d’ingestion, de performances zootechniques et de rejets azotés. En deçà de 90 g de PDIE/UFL, une réduction de 10 g entraîne une forte baisse de l’ingestion (-1,5kg MS), du lait (-3,3 kg) et du TP (-1,2).

Réponses de l’ingestion et de la production laitière à une variation du rapport PDIE/UFL
Apports PDIN supérieurs ou égaux aux apports PD

 

Jouer sur la qualité et la complémentarité des fourrages : viser un rapport PDIE/UFL entre 80 et 90 g.
Ne pas descendre au-dessous de 80 g de PDIE/UFL pour optimiser le fonctionnement du rumen.
C’est l’occasion de valoriser des fourrages de moindre qualité.

Avancer les réformes : efficace à court terme, facile et rapide à mettre en œuvre

A réaliser si on dispose de suffisamment de renouvellement pour ne pas pénaliser les prochaines campagnes.
Moindre consommation de stocks.
Peut permettre une amélioration sanitaire du troupeau (cellules, mammites, …).

Distribuer du lait aux veaux : remplacer l’aliment d’allaitement par du lait doux

Solution efficace, facile et rapide, réversible et pas rémanente mais attention à l’organisation du travail.
En pratique, c’est plus facile sur les veaux nouveaux nés, que de changer de plan d’allaitement en cours de période.
Compter 400 à 500 litres de lait par veau selon l’âge au sevrage.
C’est l’occasion éventuelle de tester l’intérêt des vaches nourrices…

Allonger le tarissement

La période est peu propice, mais un tarissement de 60 à 80 jours est possible notamment sur les vaches à cellules ou celles qui manquent d’état, notamment les primipares.
Attention à l’impact possible sur la lactation suivante et la longévité.
Surveiller la note d’état (risque de sur-engraissement).

Passer en monotraite

Cela reste la dernière solution : le passage à une seule traite par jour pendant plusieurs jours n'est pas adapté au dispositif de prise en charge proposé par le CNIEL car elle réduit de 20 à 40% la production.
Par contre pour une baisse de production moins importante, la suppression de la traite du dimanche soir a un impact de l'ordre de -5 % sur une semaine.

Cette mesure réversible a peu de rémanence sur la lactation en cours.

Attention l'effet est toujours plus marqué sur les primipares et les fortes productrices.

Ce levier est à réserver à un troupeau sain au niveau cellules et mammites.

 

Principales conséquences zootechniques du passage en monotraite

Tableau récapitulatif sur la mise en place des leviers

 

Source = Dossier Casdar Flexisécurité

 

 


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