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Préserver les ressources en eau

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Ils témoignent sur des pratiques environnementales

Témoignage

Xavier Van Den Bossche, éleveur de procs à La Vieux-Rue (76) et membre du réseau Fermes DEPHY piloté par la Chambre d’agriculture de la Seine-Maritime

Xavier Van Den Bossche, installé depuis 1997, fait partie de ce groupe DEPHY. Il emploie 2 salariés à plein temps ainsi qu’un troisième à mi-temps, et exploite 150 ha de cultures (blé, orge, colza, lin, féverole, betterave, maïs grain). 95 % de sa surface se trouve sur les bassins d’alimentation de captage concernés.

Quel est votre objectif en tant qu’agriculteur ?

En tant qu’agriculteur, mon objectif est de vivre de mon métier, de développer et de pérenniser mon entreprise.

Pourquoi avoir rejoint un groupe DEPHY ?

Nous avions constitué une association dénommée « Collectif Agricole des Sources du Robec » en février 2012 pour répondre aux besoins du captage tout en étant un acteur et un interlocuteur sur la qualité de l’eau qui alimente, en partie, la Métropole de Rouen. Par le biais de cette association, j’étais particulièrement investi dans les différentes étapes de la démarche de protection des sources du Robec, notamment dans la construction du programme d’actions BAC et dans la définition des objectifs de réduction phytosanitaires à l’échelle du territoire. Le collectif DEPHY me permet d’échanger avec des agriculteurs qui sont sur ce secteur. Je souhaite participer à l’établissement de pratiques de références et profiter des expériences de chacun. Ces échanges nous permettent d’évaluer la difficulté ou la faisabilité de la diminution des produits phytosanitaires et en particulier les herbicides.

Qu’est ce qui fait la force de ce groupe ?

Ce groupe est situé sur un territoire restreint et avec des agriculteurs ayant un enjeu commun vis-à-vis de la qualité de l’eau. Nous sommes donc soumis à des contraintes pédoclimatiques semblables. De plus, les profils d’exploitations sont similaires avec majoritairement un atelier animal et une part importante de culture, ce qui facilite les échanges et le transfert des expériences de chacun.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez pour diminuer les produits phytosanitaires ?

La difficulté pour diminuer les phytosanitaires, est liée à l’échelle de temps de notre métier. En effet, sur le captage, il est surtout question de diminuer les herbicides. Or la gestion des adventices et du désherbage est une problématique de longue haleine.

Il me parait plus facile de diminuer les fongicides et insecticides qui peuvent pourtant créer des dommages aux cultures et des pertes potentielles de revenu, mais uniquement sur l’année en question. En revanche, dans la lutte contre les adventices il y a une gestion pluriannuelle à prendre en compte. Si on n’y fait pas attention, le stock semencier peut vite augmenter et par voie de conséquence accroître rapidement la concurrence vis-à-vis des cultures, et cela sur plusieurs années. Pour diminuer ce phénomène, je mets en place plusieurs leviers agronomiques, qui eux aussi, ont vocation à avoir des effets à long terme.

Il faut noter cependant que la mise en place de ces leviers agronomiques peut être plus ou moins facile. Il est par exemple, parfois, compliqué de réaliser des faux semis efficaces ou de décaler la date de semis sur des parcelles hydromorphes ou très en pentes avec des cailloux. Ma participation au groupe DEPHY me permet de réfléchir aux freins qui peuvent être levés à l’échelle de mon système de cultures.

Quelles sont les évolutions de votre système pour répondre aux enjeux ?

Je parlais de leviers agronomiques. J’ai, par exemple, augmenté les surfaces en cultures de printemps pour mieux gérer les problèmes de graminées, qui s’implantent plus favorablement dans des cultures d’hiver. J’utilise aussi des mélanges de variétés pour mes parcelles de blé afin de sécuriser la quantité produite tout en diminuant mes charges. Depuis la campagne dernière, nous avons investi avec d’autres agriculteurs du groupe, dans une bineuse à caméra pour biner les betteraves et le maïs afin de diminuer les herbicides. Cette année, nous avons établi un programme au sein du groupe, au vu de la problématique, très tourné sur le désherbage mécanique de différentes cultures, sur des visites d’exploitations et sur la re-conception des systèmes de cultures du groupe.

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