Tout un système pour réduire ses intrants

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Ils témoignent sur des pratiques environnementales

Réfléchir "système" pour réduire ses intrants

Polyculteur-éleveur sur un Bassin d’Alimentation de Captage (BAC) prioritaire, dans un secteur céréalier, Didier Duédal cherche à préserver la ressource en eau. Il conduit ses cultures en itinéraire intégré, et sa ferme fait partie du réseau Dephy depuis 2011.

"J’ai toujours voulu que mon exploitation ait une dimension humaine. C’est moi qui ait créé l’activité d’élevage laitier sur la ferme à mon installation (c’était en 1980, avant les quotas), et j’ai toujours refusé l’agrandissement pour que mes parcelles restent groupées.

Lors de l’arrivée de ma sœur sur l’exploitation, nous avons créé une activité de vente directe, puis une ferme pédagogique quand Corinne, mon épouse, est devenue salariée il y a 18 ans.

J’essaie de réduire au maximum l’impact de mes traitements sur mon environnement. Quand je traite, j’utilise des protections adéquates, mais le voisin ou le cycliste qui passe par là, eux ne sont pas protégés et ça me dérange.

Par ailleurs, j’aime savoir que l’eau du captage alimenté, entre autres, par mon exploitation, sera de bonne qualité pour mes concitoyens.

Depuis plusieurs années avec un groupe d’agriculteurs, nous cherchons à réduire les traitements phytosanitaires sur nos cultures.

Lorsque j’ai intégré le réseau des fermes de références Dephy de la Chambre d’agriculture de l’Eure, j’étais déjà en système intégré depuis une dizaine d’années. Dans notre groupe, l’IFT total est inférieur de 50 % en moyenne par rapport aux références régionales"

Aujourd’hui, son IFT total est inférieur de 75 à 80 % par rapport aux références régionales, et les revenus de son exploitation sont préservés. "Chez moi c’est jusqu’à - 80 % selon les cultures et les années. La clé, c’est de raisonner « système » et « marge » : on accepte le risque d’une perte marginale (attaque sporadique de ravageurs, présence d’adventices...) et on ne traite qu’en cas d’absolue nécessité.

Certes, cela peut parfois entraîner une perte économique, mais elle est largement compensée par les économies réalisées sur les produits qu’on n’achète pas !

Encore aujourd’hui, j’essaie de faire évoluer mon système : je vais bientôt essayer de semer du trèfle blanc dans mon colza, pour le faire pâturer après la récolte."

Didier Duedal: «  la prairie, pilier de mon système intégré »

Didier Duedal, agriculteur à Orvaux : «  La prairie, pilier de mon système intégré » Terre-net.fr