Pâturage

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Des chemins de qualité pour pâturer en toutes saisons

Les chemins d’accès aux pâtures sont de véritables investissements. Les choix des matériaux multiples ont leurs avantages et inconvénients.

La mise en œuvre et le suivi sont aussi importants, ils contribuent à la durabilité de ces chemins. La ferme expérimentale régionale a installé et testé différents types de matériaux pour évaluer leurs coûts et tenue dans le temps.

25 ha accessibles au pâturage

Les aménagements des 25 ha accessibles au pâturage représentent :

  • 1400 mètres linéaires de chemins (56 ml/ha), pour un coût estimatif de 25 000€.
  • 10 kilomètres de clôture, pour un coût de 5 000€
  • Les adductions d’eau, pour un coût estimatif de 5 300€

Le coût total d’aménagement des 25 hectares est de 143 €/ha/an (amortissement sur 7 ans), ce qui représente un coût de 14€/TMS pâturée, avec un rendement de 10.1 TMS/ha.

En bref

Le Caillebotis

Cette solution est un peu particulière. En effet, elle correspond au réemploi de caillebotis, notamment lors de la désaffectation de bâtiment, de type porcin par exemple. On peut noter que les animaux, après une petite appréhension, étaient relativement à l’aise.

Pour ce type de solution, le bon calage des dalles est nécessaire. La mise en place de sable dans les espaces libres permet de limiter le caractère abrasif.

Le calcaire

C’est une solution très satisfaisante qui s’installe sur une hauteur de 20 cm. Les chemins sont très stables.

La galette minérale

Ce produit est un matériau issu du lavage des granulats. Techniquement, il ne faut pas dépasser une épaisseur de 7 cm, sur une base en 0-120 de 20 cm. Au-delà, le matériau peut se déformer avec le passage répété des animaux.

Le sable

Dans ce cas, le sable correspond à la couche de finition de 3 cm installée sur une base en 0-120 de 20 cm. Pour une bonne tenue dans le temps, il est primordial de bien cylindrer le chemin.

Le béton

Cette solution est relativement onéreuse mais elle peut être amortie sur une longue durée (15 à 20 ans). Elle est à réserver aux sorties de bâtiments.

Augmentation de la hauteur d’herbe en sortie de parcelle pâturée

L’essai réalisé pendant 3 ans à la ferme expérimentale avait pour objectif de mesurer les incidences de deux hauteurs de sortie de pâturage sur la valorisation des prairies et les performances zootechniques. Deux lots de vaches normandes sont conduits séparément en pâturage tournant sur des parcelles de ray gras anglais + trèfle blanc ou de graminées recevant la même fumure azotée.

L’un (« pâturage ras ») pâture les parcelles à des hauteurs sortie basses (environ 5,5/5 cm) sans fauche de refus, alors que l’autre (« pâturage haut ») pâture avec des hauteurs sortie supérieures d’environ 1,5 cm par rapport au « pâturage ras ». Les parcelles du « pâturage haut » sont fauchées pour éliminer les refus après chaque pâturage. Au cours des trois années d’essai, la conduite du pâturage avec des hauteurs sortie basses a conduit les animaux à utiliser pratiquement toute l’herbe offerte, contrairement aux animaux ayant pâturé à une hauteur sortie de parcelle plus haute (il restait entre 23 et 17 % d’herbe). Les animaux du lot « pâturage ras » ont consommé moins d’herbe (de -2,4 kg MS/VL/jour à -0,8 kg MS/VL/ jour selon les années) et a entraîné une baisse de la production de lait par vache (en moyenne de 1,5 kg de moins par jour sur l’ensemble de la période de pâturage).

En revanche, les résultats par hectare sont systématiquement en faveur du lot « pâturage ras ».

En bref

  • Compte tenu des coûts supplémentaires de mécanisation dus à la fauche des refus avec le pâturage haut, le pâturage ras en et tournant reste la technique qui permet d’améliorer le résultat économique des exploitations laitières et d’avoir de bonnes performances zootechniques à l’hectare sans trop pénaliser les performances individuelles.
  • En « pâturage ras », la quantité de lait produite/ha est supérieure de 25 à 38 % selon les années : la fauche des refus n’améliore pas les résultats techniques avec des pressions de chargement insuffisantes conduisant à des hauteurs de sortie élevées.
  • La marge directe que réalise l’exploitation en pratiquant le pâturage ras est de 37€/ha (2002/2004).

Valorisation du lisier de bovin sur prairies pâturées

Pendant trois ans, une expérimentation en production laitière a permis de comparer l’effet du remplacement de deux des apports d’azote minéral (40 kg N/ha) par des apports de lisiers de bovins (même quantité d’azote efficace), en fin février et en mai-juin, soit avant les 1er et 3es cycles. L’utilisation de lisier sur les prairies pâturés par les vaches n’a pas pénalisé leurs performances laitières, excepté un taux butyreux légèrement plus faible. L’azote du lisier épandu en fin d’hiver a été très bien valorisé par les prairies.

En revanche, la production fourragère a été pénalisée par l’utilisation du lisier en mai-juin, conduisant à une baisse de production de lait par hectare de 8 %. Une bonne portance est nécessaire pour l’épandage de lisier de fin d’hiver, et une pluviométrie suffisante après celui de fin de printemps.

En bref

  • Des précautions doivent être respectées, notamment pour le lisier épandu en fin d’hiver qui nécessite une bonne portance des sols. Le lisier épandu au printemps doit être suivi d’une bonne pluviométrie pour être assimilé.
  • L’épandage de lisier sur prairies pâturées, à même quantité d’azote efficace, permet de bien valoriser cette ressource.
  • Un arrière effet de l’azote a été remarqué sur la croissance de l’herbe en fin d’hiver après deux années d’apport de lisier

Suppression de la fertilisation azotée des prairies de printemps

Deux modifications de techniques de pâturage de vaches laitières ont été testées dans les conditions de l’Ouest français : un allongement de l'intervalle entre passages (28 contre 21 jours au printemps, 40 contre 28 jours en été), et la suppression de la fumure azotée de fin d'hiver et de printemps (80 à 120 unités d'azote sur l'année contre 280 à 320 unités). Le premier essai a été conduit pendant 3 ans, le deuxième pendant 2 ans. L'allongement de l'intervalle entre passages a permis une meilleure valorisation du potentiel des prairies (+ 5 % d'UFL valorisées), et la substitution de fourrages conservés pour des stocks d'herbe sur pied. La réduction de la fumure s'est traduite par une meilleure répartition de la pousse de l'herbe. Dans les deux cas, la production individuelle et le taux butyreux n'ont pas été modifiés. Par contre, le taux protéique a été pénalisé de 0,8 g/kg par allongement de l'intervalle entre passages et de 0,5 g/kg par la réduction de la fumure azotée, ce qui peut être l’indice d'une moins bonne couverture des besoins énergétiques des animaux.

En bref

  • La suppression de la fertilisation azotée en fin d’hiver et au printemps a permis de bien écrêter l’excédent d’herbe de printemps en utilisant sensiblement la même surface pâturée par vache sur tout la saison de pâturage.
  • La suppression de la fertilisation azotée au printemps peut s’envisager dans les zones herbagères pluvieuses de l’Ouest de la France.
  • Cette technique s’inscrit dans un système fourrager où le maïs constitue l’essentiel des fourrages conservés et où les prairies naturelles sont essentiellement conservées.
  • La fertilisation azotée en fin de printemps et en début d’été peut permettre la reconstitution du stock d’herbe sur pied pour l’été mais tout dépendra des potentialités agronomiques ainsi que des conditions de pluie et des températures maximales.

Comparaison des prairies Ray-grass anglais + trèfle blanc et des prairies permanentes

Le pâturage constitue un élément important dans la conduite des exploitations qui constitue le socle de beaucoup de systèmes de production laitière durable en limitant les coûts de production et les risques environnementaux. Dans ce contexte les associations graminées et trèfle blanc présentent encore plus d’intérêt puisqu’elles permettent d’obtenir, sans azote (ou peu), le même niveau de rendement qu’une prairie naturelle moyennement azotée et le même niveau de performances laitières. De plus, la réduction de la fertilisation azotée permet de diminuer les émissions vers l’eau, l’air et le sol et les impacts environnementaux (acidification de l’air, eutrophisation, réchauffement climatique).

En bref

  • Le rendement moyen des prairies permanentes fertilisées à 181 unités d’azote sur les huit années de l’étude ne présente pas de différence significative avec le rendement moyen des prairies RGA+TB recevant 44 unités d’azote
  • La production de matière sèche dans les prairies permanentes est répartie de façon plutôt homogène sur l’année : 37,7% au printemps, 33,2% en été et 29.1% à l’automne. Cette répartition est moins régulière pour les prairies RGA+TB qui produisent 46% de leur production au printemps, 29% en été et 25% à l’automne
  • Le rendement varie en fonction du taux de trèfle blanc mais il est aussi tributaire des conditions climatiques de l’année

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