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Marchés et filières agricoles
Dernière mise à jour le 20 février 2025
Après un début de campagne 2024-2025, avec un point bas inférieur à 200 €/tonne, le prix du blé suit depuis novembre une tendance stable à haussière. À 234 €/tonne mi-février, le prix est supérieur de 13 % à celui de l’an passé à la même date et de 3 % au prix du début de campagne au 1er juillet.
En fin d’année 2024, dans l’hémisphère sud, les premières récoltes ont été bonnes, amenant du volume pour les stocks mondiaux. Les pays importateurs ont sécurisé des stocks, dans la crainte d’un regain de tension en Ukraine qui pourrait perturber les expéditions du pays et dans la perspective de la mise en place de quotas d’exportations en Russie. Ces deux origines restaient en fin d’année très compétitives, amenant à des volumes exportés conséquents.
Courant janvier, les exportations russes ont commencé à marquer le pas et le prix du blé a opéré un léger recul, sur fond d’incertitudes météorologiques et d’incertitudes liées aux annonces du Président Trump sur de nouvelles taxes à l’importation, qui affectent tous les marchés.
Depuis début février, les cours du blé progressent sur tous les marchés, soutenus par plusieurs éléments :
Dans l’attente des résultats définitifs des récoltes dans l’hémisphère sud, ce sont aujourd’hui les origines Ukraine, Bulgarie et Argentine qui restent les plus attractives. La deuxième partie de campagne devrait être plus favorable aux blés européens.
Les bureaux d’analyses tablent aujourd’hui sur une tendance stable à légèrement haussière, à moins d'une catastrophe (incident climatique, évènement géopolitique, etc.).
À la suite de la très décevante récolte française 2024, les capacités d’export vers les pays tiers sont réduites. Au-delà de ces volumes restreints, l’origine est peu compétitive sur le premier semestre de commercialisation, face à une concurrence accrue des blés d’origine Mer Noire ou d’Argentine. A l’export, le blé français souffre de l’absence du Maghreb aux achats : en raison de la détérioration des relations franco-algériennes et même si aucune communication officielle n’a été faite, l’Algérie n’achète plus de blé français, alors qu’elle représentait la moitié des débouchés pays tiers il y a 5 ans. Les importations chinoises ralentissent, après des années à aspirer le marché des céréales. Nos clients sont d’Afrique subsaharienne, mais sur des plus petits volumes.
Du fait d’une très bonne récolte et d’un excédent exportable, l’Argentine est présente en Afrique du Nord, sur nos marchés historiques. Dans le même temps, la Russie a beaucoup exporté sur le semestre passé. Enfin, l’Ukraine a retrouvé une bonne compétitivité en réexportant via la mer et les niveaux d’exportation élevés qui vont avec, même si ceux-ci s’orientent désormais davantage en Europe, avec l’Espagne comme première destination.
Pour la fin de campagne, les exports russes devraient diminuer, freinés par de moindres disponibilités et l’application de quotas d’exportations. Les Ukrainiens craignent, quant à eux, le retour des quotas d’exportations sur le marché européen. C’est le niveau de la demande mondiale, aujourd’hui incertain, qui influera sur le potentiel d’export français et la capacité de la France à regagner la confiance de ses clients après cette campagne compliquée.
En production sous agriculture biologique, le recul drastique de la production en 2024 aura permis d’assainir le marché en réduisant les stocks qui s’étaient amassés depuis le début de la crise en 2021, alors que la consommation se stabilisait et la production poursuivait sa croissance. Après des années de baisse, les prix connaissent enfin un fort rebond.
Le prix du blé a connu, comme de nombreuses matières premières, deux années de hausse, a Guerre en Ukraine. Malgré une volatilité accrue, le soufflé est ensuite retombé. Depuis la moisson 2024, le prix oscille entre 200 € / tonne et 250 € / tonne.
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