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Agriculture biologique : quelles perspectives pour mon exploitation ?

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Agriculture biologique : perspectives pour mon exploitation

Retour sur la journée organisée à Yvetot (76) pour faire le point sur les filières bio et échanger sur les perspectives.

Le 12 avril dernier, les Chambres d’agriculture de Normandie ont organisé à Yvetot une journée réunissant producteurs bio, collecteurs, collectivités et financeurs de l’AB afin de partager des éléments de conjoncture et échanger sur les perspectives des filières bio en région.

 

Le contexte de l’AB a changé

Au cours des dernières années, la production bio s’est développée en France et la consommation de produits alimentaires bio augmentant également, nous observions un relatif équilibre entre l’offre et la demande. Depuis 2021, le contexte a changé : sortie de crise COVID, inflation, Guerre en Ukraine… En 2023, la consommation alimentaire bio a connu sa 3e année de baisse consécutive (on serait revenu à un niveau de consommation bio d’avant COVID), alors que dans le même temps, la production bio croissante continuait d’arriver sur le marché.


Conséquence : une surproduction bio (la quasi-totalité des productions bio sont concernées) qui a engendré une baisse des prix à la production alors que les producteurs bio – comme les producteurs conventionnels – étaient confrontés à une hausse de leurs coûts de production. Pour une partie des volumes bio excédentaires, il en découle un déclassement vers des filières conventionnelles.

 

Réajuster l’offre bio pour mieux rebondir

En lien avec les opérateurs aval, plusieurs mesures visant à réduire la production bio (ou à la soustraire du marché national) ont été mises en œuvre :

  • Incitation à réduire la production (lait, betteraves sucrières, porcs),
  • Allongement des délais d’enlèvement / allongement des vides sanitaires (volailles de chair, poules pondeuses),
  • Augmentation de l’âge d’abattage (bovins),
  • Constitution de stocks tampons (de plusieurs mois pour les céréales) et/ou recherche de débouchés à l’exportation pour les cultures (mais il faut intégrer les charges de transport, à la charge du vendeur, ce qui pénalise les prix d’achat en ferme), allant parfois jusqu’à la fermeture d’ateliers bio (porcs, poules pondeuses), voire l’arrêt total de l’activité bio (cessation d’activité, déconversion)… .

 

Avec une offre abondante pour les cultures bio (dont une partie est à mettre en lien avec une baisse des débouchés en fabrication d’aliments du bétail), les acheteurs sont plus exigeants sur la qualité des produits, à l’exemple des blés bio panifiables : origine locale, taux de protéines, propreté des lots…


Chez les opérateurs en filière longue, les conversions à l’AB sont en pause, dans l’attente d’une meilleure conjoncture. Par ailleurs, les mauvaises conditions météorologiques d’implantation 2023-2024 (voire de non-implantation) des cultures bio vont avoir des conséquences sur les potentiels de rendement 2024, ce qui pourrait permettre aux organismes stockeurs d’écouler une partie des stocks bio précédemment constitués. Avec la probable prochaine baisse de l’offre bio, les prix d’achat à la production pourraient être orientés à la hausse.

 

Des cultures de niche… qui gagnent à le rester !

Tournesol, sarrasin, betteraves sucrières, lentilles, petit et grand épeautre, quinoa, pois chiche, millet et autres graines sans gluten … Ces cultures « de niche » doivent le rester afin de ne pas saturer ce marché limité et pour que les prix se maintiennent. Il ne s’agit pas d’avoir un comportement opportuniste / prix de marché attractifs, il est important de rester « raisonnable » sur les surfaces et de contractualiser avec un opérateur afin de sécuriser ses débouchés avant d’implanter ces cultures.
Le marché des cultures de niche est fragile, il peut vite être déstabilisé si les surfaces se développent de manière trop conséquente et les faibles volumes produits ne permettent pas de diluer les charges. De plus, les critères qualitatifs élevés pour ces cultures destinées à l’alimentation humaine entrainent parfois des déclassements après analyse, alors que les lots semblaient corrects au silo.


La consommation de légumineuses bio est surtout tirée par une hausse de leur introduction en restauration hors domicile, et non par la consommation à domicile. Leur consommation en France est encore limitée par rapport à leur consommation dans l’UE. On arrivera à développer leur consommation en les utilisant comme ingrédient et non pas uniquement comme un accompagnement.

 

Filières bio : des signes encourageants

Des aides conjoncturelles pour l’AB ont été mise en place en 2023 et 2024 afin d’apporter un soutien aux exploitations en AB ayant subi des pertes économiques importantes. Mais pour relancer durablement l’AB, il convient de piloter plus finement la production (voire de mettre en place des outils de régulation du marché) tout en relançant la consommation.


Avec le ralentissement de l’inflation, la consommation alimentaire bio pourrait reprendre. Début 2024, le circuit des magasins spécialisés bio connait une évolution positive de son chiffre d’affaires en France. Autre signe positif : la consommation bio est au rendez-vous dans d’autres pays européens, ce qui offre la possibilité d’aller chercher des débouchés en UE pour la production bio française.


Concernant la mise en œuvre (et le respect) de la loi EGAlim : l’introduction plus massive de produits bio en restauration hors domicile (collective et commerciale) constitue un levier majeur pour offrir davantage de débouchés aux agriculteurs bio. Il convient de simplifier les appels d’offre pour pouvoir contractualiser avec des producteurs localement, il faut travailler avec des transformateurs afin de développer des produits transformés bio à plus haute valeur ajoutée.


Parmi les autres perspectives évoquées : celui de la reconnaissance environnementale. Concernant les pratiques de production, les externalités positives de l’AB pourraient être valorisées via la rémunération pérennes des services rendus (préservation de la ressource en eau, de la qualité des sols, de la biodiversité...). En attendant la mise en œuvre d’un tel dispositif, les aides CAB non consommées pourraient être orientées vers l’accompagnement et le soutien des agriculteurs bio.

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