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Suivre la pousse pour une herbe de qualité

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Fini le vent et la fraîcheur. Les derniers épisodes pluvieux ont été localement abondants, stimulant la pousse de l’herbe ; des conditions de température plus douce et un temps sec seront favorables dès mercredi.

Semaine 21

La moyenne des croissances à la même période dépasse la valeur de 2019, avec 65 kg/MS/ha/jour en 2020 contre 52 en 2019. 

Une prairie de qualité

La qualité de l’herbe récoltée au printemps détermine le coût de la ration hivernale, car la valeur du fourrage et sa qualité  influencera la complémentation.
Les fauches précoces des dernières semaines ont apportées un fourrage riche en MAT. Laissez un temps de repousse d’au moins trois semaines sur les parcelles de fauche. Prenez le temps de faire un tour des parcelles pour anticiper l’épiaison. 10 % des épis visibles est le bon compromis entre quantité et qualité pour la récolte d’ensilage. Plus on fauche tard, plus le rendement en MS est élevé mais la prairie perds en valeurs alimentaires. Si elle a plus de 50 % d’épis, ce sera la pleine épiaison, adaptée pour la récolte du foin.

Le topping

Si vous rencontrez beaucoup de refus, ou des épis, une solution peut être le "topping". Le coût moyen est de 30€/ha. L’herbe est fauchée l’après-midi à 5 cm, puis directement pâturée le soir ou le lendemain. En effet, le troupeau trie moins l’herbe coupée que sur pied, car la fauche enlève de l’amertume, de plus elle est mieux consommée en andain. Ainsi, vous obtiendrez une prairie plus homogène à la repousse.

Témoignage

Jean-Christophe Bernier - 15 mai 2020 - Hamars (14)

"Je suis éleveur en agriculture biologique depuis 2016. En ce moment, j’ai une soixantaine de vaches à la traite. Leur alimentation est composée généralement de 60% herbe et de 40 % de méteil. Ce que j’aime dans mon système, c’est qu’il m’a permis de reprendre goût à mon métier. Depuis que je suis passé en BIO, je préserve l’environnement. Je suis fier de ce que je fais et de comment je le fais. Mon objectif est d’être en 100 % herbe et complétement autonome. Cependant, mon système à des inconvénients. Je manque de surface, l’idéal serait d’avoir 15ha en plus. Actuellement, je dois acheter de la paille car j’ai trop peu de céréales. Et ceci engendre un manque d’énergie dans mes rations et en complément des achats de betteraves pour l’hiver.

Pour le moment, je trouve la saison de pâturage plutôt compliquée. Soit il fait froid, soit il fait sec, l’herbe épi et il n’y a pas assez de végétation. Par contre, la mise à l’herbe c’est bien déroulée. On a pu sortir les vaches dès la fin de l’hiver le 4 mars. L’hiver a été doux et humide, ce qui a permis de les sortir rapidement et depuis elles passent leurs journées et leurs nuits dehors. J’appréhende bien les prochaines semaines s’il pleut par contre sans pluie, c’est le contraire. Mon moral est entièrement tributaire de la météo car j’ai besoin de faire des stocks. En effet, à ce jour, j’ai réalisé une seule coupe de nettoyage sur 2ha. Mon objectif dans les prochains jours et de pouvoir faucher 6.5ha d’herbe, 11.5ha de méteil et de pouvoir réaliser une deuxième coupe avant le sec de cet été. Je suis en flux tendu toute l’année, mon système n’est pas très sécurisé."

 

Claire CARAES - Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie