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Diagnostics énergétiques

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Energie et gaz à effet de serre : 19 exploitations laitières du Cotentin passées au crible !

En 2012 et 2013, dans le cadre du Plan Climat Energie Territorial (PCET) du Pays du Cotentin*, 19 exploitations laitières ont réalisé des diagnostics énergétiques à 4 ans d’intervalle. La comparaison des résultats sur les 4 principaux postes d’énergie permet de mesurer l’évolution des consommations, de recenser les pratiques favorables et de chiffrer les pertes ou les gains économiques et environnementaux.

Agrandissement modéré, mais plus de lait

En passant de 102.5 à 106 hectares, les exploitations se sont légèrement agrandies. La surface fourragère principale augmente au profit du maïs (+1.5 ha et 30 % de la SFP) et des cultures fourragères (+3.3 ha de légumineuses, prairies multi-espèces…). La part des prairies baisse très légèrement (-1.5 ha) et la culture des céréales approche les 20 hectares (dont 15% autoconsommés). L’atelier « lait » s’intensifie, avec une production en hausse de 80 000 l/an (+18,6%). Le nombre total d’UGB (lait et viande) progresse également (+14%).

Le Gazole Non Routier (GNR) mieux valorisé

Malgré une production laitière supérieure, la consommation annuelle de GNR augmente très modérément, passant de 10 120 l en 2008 à 10 520 l en 2012. De fait, certains ratios s’améliorent : 21 l de GNR pour 1000 l de lait produit en 2012 au lieu de 24 l en 2008. Cependant, le carburant apporté par les tiers (CUMA, ETA) n’est pas comptabilisé, ce qui peut avantager les exploitations qui délèguent davantage de travaux.
Les exploitations les plus économes sont, en moyenne, plus grandes (+13 ha). Elles produisent un peu plus de lait (+ 24 000 l/an), tout en ayant des surfaces en cultures très proches. Le gain de carburant peut s’expliquer par le fait que les tracteurs sont moins utilisés (15 h/ha contre 17,4 h/ha) et moins sollicités (consommation horaire plus basse : 5,7 contre 6,8 l/h).
Pour limiter la consommation de carburant, les éleveurs enquêtés ont déjà pris un certain nombre de mesures : une puissance adaptée aux besoins de l’exploitation, une bonne cohérence « tracteur-outils », l’adoption d’une conduite plus économique, des rations faciles et rapides à distribuer (3 ou 4 aliments, pas de fibre longue)… Plus récemment, on note une orientation vers la simplification du travail du sol, quelques échanges et aménagements de parcelles pour limiter les déplacements ou la mise en avant du critère « consommation » lors du renouvellement d’un tracteur.

La consommation électrique dépendante de la production laitière

La consommation électrique suit l’augmentation de la production laitière passant de 30 830 kWh en 2008 à 36 350 kWh en 2012 : la machine à traire fonctionne plus longtemps, les tanks à lait sont plus grands et quelques racleurs à lisiers hydrauliques ont été mis en route dans les bâtiments. Les ratios de consommation n’évoluent pratiquement pas entre 2012 et 2008 : 74 kWh/1000 l au lieu de 76, et 546 kWh/VL contre 548.
8 éleveurs se sont équipés d’un pré-refroidisseur de lait. Ce groupe bénéficie d’une consommation électrique plus faible : 61 kWh/1000l au lieu de 84. Pour économiser de l’électricité, c’est la mesure « phare » appliquée depuis 4 ans dans le Cotentin et plus largement dans la Manche et la Basse Normandie.
Par contre, les éleveurs qui ont vu leur consommation se détériorer ont des difficultés à expliquer cette évolution : chauffe-eau vieillissant, racleur hydraulique, pompe à lisier, nouvelle machine à traire… ?

Des aliments concentrés en progression

La surface fourragère a peu évolué au regard de la quantité de lait supplémentaire : les éleveurs ont compensé par une plus grande utilisation des aliments concentrés. La quantité totale de concentrés achetés et produits sur l’exploitation progresse de 23.4 %. La majorité des éleveurs estime optimiser l’emploi des concentrés vis-à-vis de son système fourrager, tout en reconnaissant que les quantités sont assez importantes.

Concentrésg/lKg/UGB
2008108 t/an dont 14 t de céréales205944
2012
129 t dont 15 t de céréales
214
972

La réflexion sur l’évolution du système fourrager commence à s’engager, avec une légère augmentation de la part d’herbe dans la ration hivernale distribuée et la mise en place de légumineuses ou mélanges multi-espèces, mais dans une proportion encore faible. La recherche d’autonomie alimentaire se fait sans volonté profonde de modification du système d’exploitation, actuellement sécurisé par le maïs ensilage.
Ceux qui le peuvent, maximisent le pâturage, ce qui est plus difficile pour les exploitations qui ne disposent pas de surfaces suffisantes de proximité ou qui ont des contraintes routières. Enfin, il n’y a pas de volonté de développer le pâturage chez les éleveurs qui privilégient l’organisation du travail (distribution toute l’année).

Une légère baisse des engrais minéraux azotés

La consommation annuelle d’engrais azotés est identique (7835 unités/an), avec quelques évolutions selon les surfaces. Pour l’herbe, on note une baisse de 72 à 60 Unités/ha ; pour le maïs, on observe une augmentation de 54 à 66 U/ha ; enfin, pour les céréales, le gain est de 14 unités par hectare (137 à 123 U/ha).
Dans l’ensemble, les exploitations ont réussi à produire davantage, sans utiliser plus d’engrais azotés de synthèse. Les UGB supplémentaires ont fourni plus d’effluents d’élevage et quelques élevages valorisent également du lisier de porc.

Evolution des émissions de GES (Gaz à effet de serre)

Pour les 4 postes d’énergie étudiés, les émissions de GES sont principalement constituées de dioxyde d’azote (CO2) et de protoxyde d’azote (N2O). En moyenne, les émissions annuelles de GES des 19 exploitations suivies progressent de 8 % (154 t eqCO2 en 2008 et 166 t eqCO2 en 2012). Le cheptel et la production laitière étant plus importants, les ratios GES/UGB et GES/1000l de lait baissent respectivement de -6 et -10 %.
Les aliments concentrés contribuent fortement à la hausse des GES (55 % du total des émissions). Toutefois, la valeur moyenne de rejet de CO2 s’est un peu améliorée (707 kg eqCO2 au lieu de 749 eqCO2 par tonne de concentrés) grâce à une moindre utilisation du tourteau de soja (12.6 % des concentrés au lieu de 16.1 %) et une progression des mélanges céréaliers (9.1 % au lieu de 2.6 %). Le tourteau de colza reste l’aliment le plus utilisé (26.4 % du total).
Les engrais azotés constituent le 2e poste d’émissions (42 t eqCO2 soit 25 %). Avec une part de 18.7 %, le GNR n’est pas le poste le plus contributeur, mais les éleveurs disposent encore de marge de progrès.

En conclusion

L’évolution des exploitations enquêtées est avant tout guidée par des motivations économiques, techniques ou organisationnelles. Les éleveurs se sont adaptés aux différentes réglementations (environnement, PAC…), mais ils n’ont pas encore intégré le changement climatique dans leur réflexion et ne souhaitent pas bouleverser profondément leur système d’exploitation.
En l’espace de 4 ans, les exploitations enquêtées ont augmenté leur volume de production de façon significative (+18 % pour le lait, +16 % pour les UGB et +4,3 % pour les céréales), tout en maitrisant les consommations. Les progrès sont plus ou moins marqués, mais, dans l’ensemble, la consommation énergétique et les rejets de GES sont plus faibles au regard du lait produit et du nombre d’UGB présents.

Les mesures favorables aux économies d’énergie, si elles sont rentables ou si elles permettent de gagner du temps, sont progressivement mises en place. C’est au niveau de la consommation des concentrés que la marge de progrès est la plus importante : reste à convaincre les éleveurs d’intégrer progressivement plus de légumineuse et de prairies multi-espèces dans leur assolement pour limiter les achats de correcteur azoté !

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